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Devenir malade à cause de son métier ? Non merci !

Devenir malade à cause de son métier ? Non merci !
(IMAGE GÉNÉRÉE PAR CHATGPT)

Une histoire vraie… qui pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous 

À la fin de sa carrière, un technicien en mécanique d’expérience a dû, bien malgré lui, quitter son emploi, épuisé par de graves problèmes de santé. Pendant plus de 40 ans, il a travaillé avec passion, sans se douter que les vapeurs et les contacts répétés avec des produits pétroliers allaient peu à peu attaquer sa santé. 

S’il accepte aujourd’hui de raconter son histoire, sous le couvert de l’anonymat, c’est pour éviter à d’autres techniciens de traverser le même parcours du combattant. 

Quand le corps dit stop 

Dans la soixantaine, il commence à se sentir constamment faible et fatigué. C’était anormal pour un athlète qui s’entraîne régulièrement depuis des années. Les examens médicaux révèlent un problème sérieux : son sang ne se renouvelle plus normalement (anémie). Le diagnostic tombe : une maladie grave de la moelle osseuse (syndrome myélodysplasique). Il s’agit d’une maladie à déclaration obligatoire (MADO) auprès de la santé publique du Québec. 

Malgré de nombreuses transfusions, son état de santé se détériore. La seule option : une greffe de moelle osseuse, un traitement lourd et risqué, comprenant une chimiothérapie. Hospitalisation prolongée, perte de poids et de masse musculaire, médicaments en grande quantité… S’il a pu passer à travers ce douloureux calvaire tant physique que psychologique, c’est grâce au soutien de ses proches. Bref, un combat de près de dix ans pour rester en vie. 

Le coupable silencieux : le benzène 

Le médecin spécialiste établit un lien clair entre sa maladie et son travail : une exposition répétée au benzène pendant des années. 
 

(AUTO PRÉVENTION) 


Le benzène est naturellement présent dans les produits pétroliers. On en ajoute de 1 % à 2 % pour augmenter l’indice d’octane de l’essence. On le retrouve comme contaminant dans le xylène et le toluène (jusqu’à 25 %), les trois produits étant extraits simultanément du pétrole. Il se cache également dans les gaz d’échappement de moteurs diésel, les dégraisseurs, les solvants, dont le Varsol, certains nettoyeurs à freins et dégraisseurs en aérosol. 

Comment pénètre-t-il dans le corps ? 

On ne le voit pas, on le sent. On le respire… mais surtout, on l’absorbe, sans s’en rendre compte, par les poumons et par la peau.  

Une fois dans le corps, il est dégradé en composés encore plus toxiques qui se déposent dans la moelle osseuse, là où le sang est fabriqué. 

Les effets sur la santé (même à petite dose) 

Une exposition sur plusieurs années, même à faible concentration, peut entraîner : 

  • Maux de tête, troubles de mémoire, fatigue 
  • Atteinte du système nerveux (engourdissements, picotements, douleurs aux extrémités) 
  • Anémie (manque de globules rouges → fatigue intense) 
  • Diminution des défenses immunitaires (globules blancs) 
  • Cancers du sang, dont la leucémie 

À concentration élevée, même sur une courte période, le benzène peut provoquer des étourdissements, des vertiges, de la somnolence et même une perte de conscience. À très forte concentration, il peut être mortel. 

Des habitudes qu’il regrette aujourd’hui 

Avec le recul, ce mécanicien reconnaît avoir pris des risques sans le savoir. Il a entre autres : 

  • Utilisé des produits de dégraissage en aérosols 
  • Asséché à l’air comprimé des pièces nettoyées au solvant 
  • Respiré des émanations de véhicules diesel en marche dans l’atelier 
  • Manipulé de l’essence et de l’huile sans gants 
  • Pas toujours utilisé le transvideur d’essence homologué 
  • Laissé des réservoirs et contenants d’essence ouverts 
  • Enchaîné des travaux sur les pompes à essence (rappels

Protéger sa santé : des gestes simples, mais nécessaires 
 

(Image extraite d’une vidéo de Rémi Boily et modifiée par ChatGPT. 6 janvier 2026. « Retrait du masque de procédure. »)

Pour réduire les risques, il est important de : 

  • Choisir des produits sans dérivés pétroliers, quand c’est possible 
  • Utiliser une ventilation efficace et fonctionnelle 
  • Éviter de laisser les moteurs tourner inutilement dans l’atelier, en particulier les moteurs au diesel.
  • Refermer les contenants immédiatement 
  • Suivre la formation SIMDUT 
  • Lire les étiquettes de produits et leurs fiches de données de sécurité (FDS) 
  • Porter des gants et une protection cutanée adaptée
  • Porter une protection respiratoire lorsque nécessaire

Votre santé vaut plus que n’importe quelle job 

Ce témoignage nous rappelle une chose essentielle : les effets ne sont pas toujours immédiats, mais ils peuvent être irréversibles et très graves ! Si vous avez un doute, parlez-en à votre médecin. Certaines maladies d’origine professionnelle se développent très lentement et pourraient n’apparaître qu’une fois à la retraite. Personne ne devrait tomber malade pour avoir effectué son travail, même par passion. 

Pour être accompagné dans vos démarches de prévention, un conseiller d’Auto Prévention peut vous aider à mettre en place des solutions concrètes et adaptées à la réalité de votre atelier. 

Prenez soin de vous. Votre métier est important. Votre santé l’est encore plus. 

 

Martine Charette

Conseillère en hygiène industrielle 

Marie-Andrée Pâquet

Conseillère en hygiène industrielle 


 

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