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Quand on parle de violence conjugale, on pense souvent que c’est un problème de nature strictement personnelle. Pourtant ses effets se font aussi sentir dans le milieu de travail et ils font maintenant partie des risques qui doivent être pris en charge pour assurer la santé et la sécurité des employés. |
Violence conjugale et travail
La violence conjugale ne se limite pas seulement aux agressions physiques. Elle peut aussi prendre la forme de harcèlement psychologique comme le chantage, la culpabilisation ou l’isolement social. La violence économique (contrôle de l’argent et de l’accès aux ressources financières) fait également partie des formes reconnues de violence conjugale. Tous ces comportements visent à exercer un contrôle sur la personne victime et s’installent souvent de façon progressive.
Cette violence peut se poursuivre ou s’intensifier dans le milieu de travail : appels, courriels ou textos incessants, messages menaçants, surveillance, visites imprévues. Elle touche des personnes de tous les milieux sociaux, de toutes les orientations sexuelles et peut même survenir après une séparation. Selon Statistique Canada, 70 % des actes de violence conjugale ne sont pas déclarés à la police, c’est pourquoi le milieu de travail devient un lieu d’action incontournable pour prévenir et enrayer celle-ci.
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Reconnaître les personnes victimes
Les personnes victimes de violence conjugale vivent beaucoup de stress, de peur, de fatigue et ressentent un fort sentiment d’isolement. Elles présentent des blessures visibles ou non, mais surtout des atteintes psychologiques bien réelles.
Au travail, cela peut se traduire par des retards, des absences plus fréquentes, des difficultés de concentration, de l’anxiété inhabituelle ou un changement soudain de comportement. Les personnes victimes de violence conjugale ont tendance à se confier à une ou un collègue sur leur situation. Ces échanges informels s’inscrivent dans des situations où la violence conjugale déborde sur le milieu de travail et peut compromettre la santé et la sécurité de la personne concernée et de ses collègues.
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Reconnaître les comportements liés à la violence conjugale
Les personnes auteures de la violence conjugale peuvent adopter des comportements préoccupants. Il peut s’agir de propos dénigrants ou contrôlants à l’égard de la personne victime, de la jalousie excessive, des colères disproportionnées, d’un besoin constant de surveiller ou de contacter l’autre.
Au travail, ces dynamiques peuvent se traduire par des comportements agressifs, des conflits répétés, la remise en question des décisions ou des limites. Ces situations peuvent nuire au climat de travail, augmenter les tensions au sein des équipes et entraîner des répercussions sur la santé psychologique des collègues.
Que peut faire le milieu de travail?
Les collègues et les supérieurs doivent rester à l’écoute, sans chercher à juger la situation. Si un risque imminent pour la sécurité d’une personne est perçu, les ressources d’urgence doivent être interpellées. Par exemple, la présence de harcèlement de l’ex-conjoint après une rupture est un facteur de risque reconnu pouvant mener ultimement à l’homicide et au féminicide.
Pour les personnes victimes, le milieu de travail représente un espace de soutien et un réseau social important. Offrir une écoute bienveillante, croire la personne, respecter son choix et son rythme sont des gestes simples qui peuvent réellement faire une différence.
Il est aussi important d’orienter la personne vers de l’aide spécialisée comme les maisons d’hébergement, le programme d’aide aux employés et la ligne SOS violence conjugale.
Un gestionnaire informé d’une situation de violence conjugale a l’obligation de prendre les moyens raisonnables pour protéger la santé et la sécurité du personnel (LSST art. 51). Il doit évaluer les risques puis mettre en place des mesures de protection. Il peut agir en soutenant la personne victime dans un cadre sécurisant, notamment par l’adaptation temporaire de ses conditions de travail et la mise en place de mesures visant à renforcer sa sécurité au travail. Cela inclut l’élaboration, avec la personne concernée, d’un plan de sécurité en milieu de travail visant à réduire les risques pour elle-même et pour ses collègues.
Le milieu de travail des personnes qui commettent des actes de violence conjugale doit intervenir en cas de comportements préoccupants connus ou qui devraient raisonnablement être connus.
Les collègues de travail doivent demeurer neutres et refuser de participer à toute forme de surveillance, d’adhésion à des propos dénigrants ou d’encouragement de comportements violents ou contrôlants envers les personnes victimes.
De son côté, le gestionnaire doit imposer des règles claires : civilité, respect et tolérance zéro à l’égard de la violence, des menaces et du harcèlement. Si un employé utilise du temps de travail ou des outils de travail pour commettre des actes de harcèlement et de violence, le gestionnaire doit intervenir rapidement pour faire cesser ces agissements et informer les instances qui peuvent protéger la personne victime.
Les ressources à connaître
Ces coordonnées peuvent être affichées dans les espaces réservés au personnel.
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Personnes |
SOS Violence conjugale |
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Milieu de |
Trousse d’accompagnement pour les entreprises, |
La violence conjugale ne s’arrête pas à la porte du domicile. En reconnaissant les signes, en adoptant une posture d’écoute et en agissant de façon responsable, les milieux de travail peuvent devenir des acteurs clés de la prévention et de la protection. Un environnement sécuritaire et bienveillant peut, concrètement, sauver des vies.
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Martine CharetteConseillère en hygiène industrielle |
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La violence en milieu de travail, c’est tolérance zéro !22 août 2022 |
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