Avec les différentes réglementations pour réduire les émissions de gaz à effet de serre des véhicules à moteur, les camions diesel qui sont suivi l’entrée en vigueur des politiques américaine de l’EPA 2010 se sont vus dotés de divers systèmes de post traitement des gaz d’échappement. Ces technologies suscitent certaines questions auprès des techniciens et responsables d’atelier quant à la qualité de l’air et à la manipulation de l’urée. Voici quelques informations utiles.
Les gaz d’échappement et la qualité de l’air
Les principaux contaminants émis par la combustion du diesel sont le monoxyde de carbone (CO), les oxydes d’azote (NOx ), le dioxyde de soufre (SO2 ), les aldéhydes et les matières particulaires (MP) comme la suie, les hydrocarbures volatils et les résidus sulfatés et métalliques.
Ces contaminants peuvent causer plusieurs effets importants sur la santé des travailleurs exposés. Citons entre autres les effets irritants des oxydes d’azote et la cancérogénicité potentielle de la suie.
Dans des conditions optimales de fonctionnement, les différents systèmes de post-traitement des véhicules de la génération EPA 2010 contribuent à diminuer de manière notable les contaminants présents dans les gaz d’échappement. Malheureusement, malgré une baisse de plus de 80 % des émissions de NOx par rapport au standard précédent, il y aura toujours des contaminants émis par les échappements car dans la pratique, l’efficacité de ces systèmes de post-traitement et le respect des conditions d’utilisation sont très variables. Il faut donc maintenir les moyens de contrôle de la qualité de l’air dans les ateliers d’entretien de camions, soit une ventilation locale au pot d’échappement couplée à une ventilation générale efficace.

Le post-traitement des gaz d’échappement

Q’en est-il du Certified Clean Idle?

(Image : Shutterstock)
La présence d’un autocollant Certified Clean Idle sur un camion diesel indique que son moteur respecte des normes strictes de faibles émissions polluantes (notamment en oxydes d'azote - NOx) lorsqu'il tourne au ralenti. Tel qu’établit en Californie en 2008, cet autocollant permet ainsi au véhicule de déroger aux interdictions de laisser leur moteur tourner au ralenti plus de 5 minutes.
Il est important de noter que malgré la présence de cet autocollant, des traces d'oxydes d'azote (NOx) et de monoxyde de carbone (CO) demeurent présentes dans les gaz d'échappement de ces véhicules. Bien que la certification Certified Clean Idle garantisse que le moteur rejette beaucoup moins de polluants qu'un moteur diesel d'ancienne génération, elle ne signifie pas que le camion produit « zéro émission ». Le terme « propre » (clean) reste relatif.
L’urée et la protection individuelle
Les produits commerciaux liquides à base d’urée ne sont pas des produits contrôlés par le SIMDUT, ni le transport des marchandises dangereuses (TMD).
Par contre, le contact de l’urée à l’état solide (résidus poudreux) peut entraîner des irritations de la peau, des yeux, des voies respiratoires et digestives selon le Répertoire toxicologique de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Il est donc une bonne pratique de porter des gants et des lunettes de protection pour effectuer la recharge et l’entretien des réservoirs d’urée.

En conclusion, dans un futur rapproché, la réglementation EPA 2027 marquera un tournant historique qui redéfinira l'usage de l’urée en éliminant ses plus grands irritants tout en complexifiant sa gestion technique. Qu’en sera-t-il des enjeux de santé et de sécurité? Ça reste à voir. Pour vous tenir informé, abonnez-vous à notre infolettre.
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Martine CharetteConseillère en hygiène industrielle |
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Samuel LaverdièreConseiller en hygiène industrielle |

